Archive du 10 novembre 2012

Au début du XXe siècle, dans une société dirigée par les hommes, les femmes se retrouvent reléguée au second plan. Cette position inférieure les place souvent dans des conditions fragiles, parfois au sein même de leur foyer. Le sentiment d’impunité n’est parfois pas très loin. Le crime de la Chamerie, commis en 1903 à Béceleuf, est là pour nous le rappeler.

 1er novembre 1903. Deux soeurs d’une trentaine d’années se recueillent sur la tombe de leur père, Louis Germain, dans le cimetière de  Béceleuf. En cette période de Toussaint, l’instant est emprunt d’une grande solennité. Après quelques minutes de prières, Alphonsine Germain et Marie Ernestine Cousineau quittent le cimetière. La conversation reprend entre les deux femmes. Au moment de quitter les lieux, Alphonsine évoque la mémoire du père, seul membre de la phratrie à être enterrée dans ce cimetière. « Le pauvre père ne restera peut-être pas longtemps dans une tombe solitaire[1] » lui rétorque aussitôt Marie-Ernestine sur un ton grave. Lire la suite »

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