Archive du 29 octobre 2016

31 janvier 1825. Sur la place de la Brèche à Niort, un homme vient d’être installé sur la guillotine par le bourreau devant plusieurs dizaines de curieux. Il se nomme Louis Giraud. A 48 ans, ce vigneron journalier a été reconnu coupable de l’assassinat d’une septuagénaire dans le bourg d’Usseau par la cour d’assises des Deux-Sèvres quelques semaines plus tôt. Il est 13 h lorsque la lame s’abat sur son cou. Louis Giraud est le douzième homme guillotiné en Deux-Sèvres depuis la mise en place du code pénal napoléonien en 1811.

A l’heure où les circonstances atténuantes n’ont pas encore pris place dans le droit français, tout accusé reconnu coupable de meurtre avec préméditation (assassinat) est systématiquement condamné à mort. La Restauration de 1815 a mis en place un système judiciaire « efficace ». Crime en juillet, jugement en septembre, pourvoi rejeté en décembre, exécution en janvier. A la décharge du régime, force est de constater que les criminels ne font pas toujours preuve d’un grand discernement. La preuve ici. Juillet 1824. Louis Giraud est au bord de la faillite. Criblé de dettes estimées à plus de 1500 francs, « Girottin », comme on le surnomme à Usseau, a semble-t-il trouvé la solution à ses problèmes. Depuis quelques jours, le natif des lieux a décidé de tuer une des habitantes les plus riches de son village, Françoise Pacaud, 75 ans. Il n’est entré chez elle qu’une poignée de fois mais il est de notoriété public que la femme dispose d’un petit magot chez elle. 1800 francs disent certains. Alors, le mercredi 7 juillet à 7 h du matin, « Girottin » prend la direction du domicile de « la boiteuse »1. Discrètement, il se glisse à l’intérieur du chais de la maison et armé d’une trique patiente discrètement. Sa future victime est à la messe. Il la surprendra à son retour et pourra ensuite pénétrer dans la maison pour s’attaquer à ses biens. Lire la suite »

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