Archive de janvier, 2019

C’est la hantise de chacun : se coucher dans sa chambre, fermer les yeux pour s’endormir paisiblement mais se rendre compte que quelqu’un vous guette dans l’obscurité avec une arme. Cette mésaventure, Germain Boux l’a connue en 1890. 

5 avril 1890. Germain Boux sursaute dans son lit au beau milieu de la nuit. Le cultivateur en est certain, il y a quelqu’un dans sa chambre. Le bruit qu’il vient d’entendre ne provenait pas du dehors mais bien de l’intérieur de la pièce. Assis dans son lit, le coeur battant la chamade, il tente de percer l’obscurité de ses yeux embués de sommeil. La légère clarté de la nuit étoilée lui permet de repérer quelques éléments de sa chambre. Tout semble normal. Il tourne alors légèrement la tête et « distingue une forme humaine se dressant près de lui »1    Lire la suite »

24
Jan

Dénoncée à tort et à Travers (Le Cormenier, 1878)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   in Crimes en Deux-Sèvres

Dans les années quatre-vingt, l’historien Frédéric Chauvaud a montré que les campagnes au XIXe siècle étaient des lieux de « tensions » et de « conflits ». Dans cette « société rurale singulière »1, les normes sociales reposaient beaucoup sur  la tradition (la réputation, la famille, la terre).  Les « pressions exercées par la société globale » interdisaient tout écart. Gare alors à ceux qui n’entraient pas dans les cases… (sources : Archives Départementales)

Mardi 19 novembre 1878. Le Fenêtreau, commune du Cormenier, près de Beauvoir-sur-Niort. Jean Nourrigeon marche d’un pas assuré dans la nuit. Il est un peu plus de 21 heures et le cultivateur de 42 ans a promis d’aller chercher sa femme et sa fille parties à un mariage non loin de là. Il marche depuis quelques secondes quand un bruit le fait ralentir. Il vient d’entendre une plainte. Il tend l’oreille. Oui, pas de doute ce sont bien des cris retenus, semblant provenir de la maison de Catherine Gaboriaud, une veuve de 39 ans. Curieux, il s’approche de la demeure et remarque de la lumière par la fissure de la porte. Le plus discrètement possible, il enlève un morceau de lainé placé dans une petite ouverture pour bloquer le froid, et jette un regard à l’intérieur. Ses yeux se posent immédiatement sur Catherine Gaboriaud, debout, au pied de son lit. La veuve semble tenir quelque chose dans ses mains. Il n’a pas le temps d’en savoir plus. La femme, sentant une présence à l’extérieur de sa maison, se précipite sur la bougie pour l’éteindre. Derrière la porte, Jean Nourrigeon reste là quelques instants, figé. A l’intérieur, Catherine Gaboriaud n’ose plus bouger non plus. Lire la suite »

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