Archive de janvier, 2020

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Roy, destitué par son crime (Orbé,1878)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   in Crimes en Deux-Sèvres

Le passage à l’acte criminel irréfléchi engendre des conséquences qui dépassent largement les velléités initiales du meurtrier, au point parfois de ruiner le travail d’une vie. Exemple avec l’affaire Roy à Orbé en 1878.

Au village d’Orbé, François Roy n’est pas un maçon comme les autres. A 35 ans, ce père de famille a réussi un beau mariage épousant Joséphine Pitaud, la fille de Louis Pitaud, maçon lui-aussi. Ensemble, le gendre et le beau-père ont travaillé dur pour se bâtir un capital estimé à près de 10 000 francs, une fortune en cette année 1878. Ces « boisseliers de terres » leur donnent une aisance financière qui ne les empêchent pas de continuer de travailler, le plus souvent ensemble. Le soir, ils se retrouvent aussi à la maison, puisque Louis Pitaud vit avec le couple Roy et ses deux enfants. Bien sûr, cette promiscuité quasi-permanente n’est pas sans engendrer quelques tensions. Dans ces moments-là, le beau-père n’est pas tendre avec son gendre  et la rengaine est souvent la même : « Vous n’avez apporté ici que votre couteau1 ». Une manière de lui rappeler qu’avant son mariage, il n’était pas grand-chose. Lire la suite »

Célestin Rousseau. L’évocation de ce nom ne dit plus rien à personne. Plus d’un siècle après sa mort, tout le monde a oublié ce Deux-Sévrien qui connut pourtant un destin extraordinaire. A la fin de sa vie, Célestin Rousseau est une personnalité incontournable à Nouméa. Pas dans la ville, mais au bagne.

Déporté en 1875 à l’âge de 30 ans au camp de Nouvelle-Calédonie, le Deux-Sévrien a survécu pendant trente ans à l’enfer des travaux forcés. Solide gaillard doté d’un tempérament violent, Rousseau a même tué un détenu en prison huit ans après son arrivée au bagne. Avec son casier judiciaire long comme le bras, la cour d’assises de Nouméa a été sans pitié en le condamnant à la peine de mort, le 9 septembre 1883. En cette fin de XIXe siècle, la guillotine n’étant plus à la mode, le président de la République a commué sa peine en celle de travaux forcés à perpétuité… lui qui avait été condamné aux travaux forcés à perpétuité par le cour d’assises des Deux-Sèvres huit en ans plus tôt. Il a donc pu reprendre sa vie au bagne comme si de rien n’était, alternant les périodes d’isolement lorsqu’il entravait le règlement et la pratique de son métier au camp. Lire la suite »

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