Archive de mars, 2020

Les secrets de familles sont parfois tellement bien gardés qu’ils semblent voués à rester enfouis à tout jamais. Au XIXe siècle, la donne est un peu différente. Les villageois vivent dans une telle autarcie que chaque individu semble en capacité de déceler l’intimité de son voisin. Certes l’adage de Pagnol « on ne s’occupe pas des affaires des autres » reste la norme mais il n’empêche pas le commérage et les messes basses à domicile ou autour du lavoir, surtout lorsqu’une « sentinelle » a repéré  une étrangeté chez un membre de la tribu. Si ces rumeurs arrivent aux oreilles des autorités, le processus judiciaire s’enclenche, la vérité jaillit alors au grand jour provocant une onde de choc considérable dans la communauté villageoise.  

Juin 1865. Marie Vincelot prépare le fourrage pour le bétail. A 20 ans la jeune femme vit chez son demi-frère, Daniel, 27 ans, né d’un premier mariage de son père. Trois ans plus tôt, le 30 novembre 1862, elle s’est installée dans sa ferme à Asnières dans la commune de Ste-Soline. En l’absence des parents morts depuis longtemps, les autorités ont pensé à l’époque qu’il s’agissait pour Marie, alors âgée de 16 ans, du meilleur endroit pour continuer de grandir sous un toit protecteur. Depuis, la jeune domestique n’a qu’à se féliciter de ce choix. Sa complicité à Daniel s’est renforcée. Certes les journées sont longues et le travail souvent difficile mais c’est le prix à payer pour aider ce grand frère qui vit et gère seul cette ferme située à moins de dix kilomètres de Lezay.  Lire la suite »

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