Archive de juin, 2020

Les crimes passionnels riment-ils toujours avec clémence du jury ? La réponse ici avec cet assassin deux-sèvrien aux motivations troubles. Une histoire qui révèle aussi la complexité des mécanismes du passage à l’acte chez l’être humain.   

« La réputation, la moralité, la conduite ordinaire du condamné ont été bonnes jusqu’à l’accomplissement des faits qui lui sont reprochés »2. Cette phrase rédigée par le Procureur de la République de Niort et extraite de la demande en grâce n°5249 datée de mai 1912, résume à elle seule le cas de Maurice Guillemet, un jeune homme de 22 ans, condamné par la cour d’assises des Deux-Sèvres le 24 juin 1912. Depuis le mois de mars 1912, Guillemet se morfond au fond d’une cellule. La tuberculose pulmonaire qui le ronge à petit feu le rapproche un peu plus de la tombe. Dans les couloirs du Palais de justice, son cas ne laisse d’ailleurs pas indifférent. « Son état de santé est déplorable » note plus loin le Procureur de la République de Niort, avant d’ajouter : « l’opinion publique serait si non favorable au moins indifférente à une mesure de grâce » Lire la suite »

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Juin

Une veuve surveillée de près (Le Cormenier, 1878)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   in Crimes en Deux-Sèvres

Même si en théorie elle n’a de compte à rendre à personne, la veuve est une femme surveillée au XIXe siècle. Les codes moraux et religieux lui dictent la façon dont elle doit se comporter. En cas d’écart, les « bonnes âmes » seront toujours là pour lui rappeler les bonnes manières, quitte à la dénoncer. 

Mardi 19 novembre 1878. Le Fenêtreau, commune du Cormenier, près de Beauvoir. Jean Nourrigeon marche d’un pas assuré dans la nuit. Il est un peu plus de 21 heures et le cultivateur de 42 ans a promis d’aller chercher sa femme et sa fille parties à un mariage non loin de là. Il marche depuis quelques secondes quand un bruit le fait ralentir. Il vient d’entendre une plainte. Il tend l’oreille. Oui, pas de doute ce sont bien des cris retenus, semblant provenir de la maison de Catherine Gaboriaud, une veuve de 39 ans. Curieux, il s’approche de la demeure et remarque de la lumière par la fissure de la porte. Le plus discrètement possible, il enlève un morceau de lainé placé dans une petite ouverture pour bloquer le froid, et jette un regard à l’intérieur. Ses yeux se posent immédiatement sur Catherine Gaboriaud, debout, au pied de son lit. La veuve semble tenir quelque chose dans ses mains. Il n’a pas le temps d’en savoir plus. La femme, sentant une présence à l’extérieur de sa maison, se précipite sur la bougie pour l’éteindre. Derrière la porte, Jean Nourrigeon reste là quelques instants, figé. A l’intérieur, Catherine Gaboriaud n’ose plus bouger non plus.  Lire la suite »

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