11
Sep

L’extraordinaire affaire du Champ-Rouge (Lezay, 1931)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   et classé dans Crimes en Deux-Sèvres

L’affaire du Champ-Rouge, survenue en 1931, est l’une des histoires criminelles les plus passionnantes du XXe siècle dans les Deux-Sèvres. Médiatiquement, elle a passionné les Deux-Sévriens, notamment les habitants de Lezay, qui, exaspérés par la tournure de la procédure, ont joué un rôle considérable dans le dénouement de l’affaire. Le dossier de procédure, longtemps tenu secret en raison du délais de communicabilité (le délais est passé de 100 ans à 75 ans), est désormais en  accès libre aux Archives Départementales sous la côte 2U417-418. Sa lecture éclaire l’affaire d’un autre regard (que celui de la presse) avec les nombreux interrogatoires de la famille Réaud, les expertises et les auditions de témoins. 

Samedi 22 août 1931. A 6h45, Marius Poyet, 40 ans, circule à vélo dans les rues de Lezay. Malgré la pluie, le propriétaire s’est levé de bonne heure pour arriver avant ses ouvriers sur le chantier de la maison qu’il fait rénover depuis plusieurs mois. Alors qu’il pédale dans la rue du temple, un axe situé au sud-ouest du bourg, son attention est subitement attirée par des cris de femmes provenant de la demeure de la famille Réaud. Le cycliste tourne la tête en direction de la maison de l’ancien gendarme pour essayer de comprendre l’origine des hurlements terrifiants qu’il perçoit, mais les hauts murs de la propriété l’empêchent de distinguer la moindre silhouette. Bientôt les cris s’espacent puis cessent. Rassuré, le cycliste poursuit sa route. Sans le savoir, Marius Poyet vient d’être le principal témoin d’une des plus grandes affaires criminelles du XXe siècle dans les Deux-Sèvres. Lire la suite »

4
Juin

Le destin tragique des amoureux de Gâtine (Champdeniers, 1912)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   et classé dans Crimes en Deux-Sèvres

Les crimes passionnels riment-ils toujours avec clémence du jury ? La réponse ici avec cet assassin deux-sèvrien aux motivations troubles. Une histoire qui révèle aussi la complexité des mécanismes du passage à l’acte chez l’être humain.   

« La réputation, la moralité, la conduite ordinaire du condamné ont été bonnes jusqu’à l’accomplissement des faits qui lui sont reprochés »2. Cette phrase rédigée par le Procureur de la République de Niort et extraite de la demande en grâce n°5249 datée de mai 1912, résume à elle seule le cas de Maurice Guillemet, un jeune homme de 22 ans, condamné par la cour d’assises des Deux-Sèvres le 24 juin 1912. Depuis le mois de mars 1912, Guillemet se morfond au fond d’une cellule. La tuberculose pulmonaire qui le ronge à petit feu le rapproche un peu plus de la tombe. Dans les couloirs du Palais de justice, son cas ne laisse d’ailleurs pas indifférent. « Son état de santé est déplorable » note plus loin le Procureur de la République de Niort, avant d’ajouter : « l’opinion publique serait si non favorable au moins indifférente à une mesure de grâce » Lire la suite »

1
Juin

Une veuve surveillée de près (Le Cormenier, 1878)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   et classé dans Crimes en Deux-Sèvres

Même si en théorie elle n’a de compte à rendre à personne, la veuve est une femme surveillée au XIXe siècle. Les codes moraux et religieux lui dictent la façon dont elle doit se comporter. En cas d’écart, les « bonnes âmes » seront toujours là pour lui rappeler les bonnes manières, quitte à la dénoncer. 

Mardi 19 novembre 1878. Le Fenêtreau, commune du Cormenier, près de Beauvoir. Jean Nourrigeon marche d’un pas assuré dans la nuit. Il est un peu plus de 21 heures et le cultivateur de 42 ans a promis d’aller chercher sa femme et sa fille parties à un mariage non loin de là. Il marche depuis quelques secondes quand un bruit le fait ralentir. Il vient d’entendre une plainte. Il tend l’oreille. Oui, pas de doute ce sont bien des cris retenus, semblant provenir de la maison de Catherine Gaboriaud, une veuve de 39 ans. Curieux, il s’approche de la demeure et remarque de la lumière par la fissure de la porte. Le plus discrètement possible, il enlève un morceau de lainé placé dans une petite ouverture pour bloquer le froid, et jette un regard à l’intérieur. Ses yeux se posent immédiatement sur Catherine Gaboriaud, debout, au pied de son lit. La veuve semble tenir quelque chose dans ses mains. Il n’a pas le temps d’en savoir plus. La femme, sentant une présence à l’extérieur de sa maison, se précipite sur la bougie pour l’éteindre. Derrière la porte, Jean Nourrigeon reste là quelques instants, figé. A l’intérieur, Catherine Gaboriaud n’ose plus bouger non plus.  Lire la suite »

11
Avr

Augustine et François, les amants diaboliques (Epeigné-sur-Dême, 1888)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   et classé dans Crimes en Touraine

Entre les années 1887 et 1890, le département de Indre-et-Loire est frappé par une « Série Rouge » : une expression journalistique qui désigne une série d’assassinats, souvent très violents, commis sur une courte période. Dans cette longue liste de crimes de sang, on trouve l‘affaire d’Epeigné-sur-Dême, survenue en 1888 dans le nord du département.  

4 février 1888. « Depuis six mois environ je suis l’amant de la femme Bellanger. Depuis longtemps cette femme me pressait de tuer son mari pour vivre maritalement avec elle. Elle m’a donné de l’argent pour acheter un pistolet pour l’assassiner, [pistolet] que je suis aller chercher à Château-du-Loir »2. Assis face au juge d’instruction, François Mauclair déroule son récit. Réveillé par les gendarmes à son domicile de La Borde situé dans la commune de Marçon, le maçon de 38 ans a d’abord fait l’innocent. Non il n’est pas responsable de l’assassinat de Henri-Alexandre Bellanger dont le cadavre vient d’être retrouvé dans la neige, une balle dans la tête, au lieu dit « Les Bois-de-Moirons », près d’Epeigné-sur-Dême. Déféré immédiatement devant le juge puis pressé de questions, le père de famille a fini par craquer. Il est l’heure pour lui de tout raconter. Lire la suite »

Dans son livre « Le goût de l’archive », l’historienne Arlette Farge décrit merveilleusement bien sa passion pour ces « manuscrits aux coins grignotés » et « aux bordures abîmés par le temps ». Elle explique tout l’intérêt du document ancien. « L’archive est une brèche dans le tissu des jours, l’aperçu tendu d’un événement inattendu. En elle, tout se focalise sur quelques instants de vie de personnages ordinaires, rarement visités par l’histoire […] L’archive n’écrit pas de pages d’histoire. Elle décrit avec les mots de tous les jours le dérisoire et le tragique sur un même ton. […] Elle est le recueil de paroles prononcées , dont leurs auteurs, contraints par l’événement, n’ont jamais imaginé qu’elles le seraient un jour. C’est en ce sens qu’elle force la lecture, captive le lecteur, produit sur lui la sensation d’enfin appréhender le réel. »  Dans le crime du jour, « l’événement inattendu » l’est peut-être davantage que dans les autres affaires criminelles puisqu’il va venir d’un individu ordinaire, jugé « calme et tranquille »…

Février 1877. François Texier, 25 ans, est un jeune homme heureux. Cela fait maintenant trois mois qu’il travaille comme domestique chez Adèle Memeteau. A son retour du service militaire en novembre, il a demandé à la veuve de 51 ans, la mère d’un de ses camarades, si elle ne recherchait pas de la main d’oeuvre jusqu’au printemps prochain. De son côté, la responsable de la ferme du Cormenier, située dans la commune des Forges, près de Vasles, n’a pas hésité longtemps. Elle connaissait déjà ce garçon sérieux dont le frère, Pierre, cultive une ferme à la Prouterie, à Benassais, à quinze minutes à pied. Mais si François est si heureux, c’est aussi parce qu’il a trouvé au Cormenier bien plus que du travail. En arrivant à la ferme en novembre, il est de suite tombé sous le charme de Virginie Morin, 24 ans, la fille de sa patronne. Après une cour assidue de plusieurs semaines, il a fini par la faire succomber. Depuis, les deux jeunes ne se quittent plus. Le mariage est même programmé pour la Saint-Michel, au grand bonheur d’Adèle Memeteau qui se félicite de voir entrer dans sa famille un jeune homme si « calme et tranquille »1.

 

Lire la suite »

Même lorsque l’on pense avoir tout vu dans le domaine des crimes de sang, il reste encore des histoires criminelles qui surprennent de part leur scénario déroutant et inattendu. La preuve avec ce crime passionnel.

9 décembre 1891, minuit passé. A Parthenay, au 13 de la rue Delavault St-Jacques, l’heure est au recueillement. Dans un appartement de ce vieil immeuble situé dans le quartier historique et pauvre de la capitale de la Gâtine, Marie Ancelin, 43 ans, veille en silence le corps de sa belle-sœur, décédée depuis peu. Marie, blanchisseuse de profession, élève seul ses cinq enfants. Veuve de François-Auguste Ancelin, sa situation n’est pas aisée mais elle peut compter sur l’aide de sa fille aînée, Anna, 21 ans. La jeune journalière est assise à côté d’elle en cette nuit funèbre et tout près d’elle, son compagnon, Henri Gautreau, 23 ans, semble plongé dans ses pensées. Les deux amoureux ont prévu de se marier bientôt. En attendant, il faut veiller le corps de la défunte jusqu’au petit matin, sans fermer l’oeil de la nuit. Lire la suite »

28
Mar

Les terribles secrets de la ferme d’Asnière (Sainte-Soline,1866).

   Ecrit par : Olivier Goudeau   et classé dans Crimes en Deux-Sèvres

Les secrets de familles sont parfois tellement bien gardés qu’ils semblent voués à rester enfouis à tout jamais. Au XIXe siècle, la donne est un peu différente. Les villageois vivent dans une telle autarcie que chaque individu semble en capacité de déceler l’intimité de son voisin. Certes l’adage de Pagnol « on ne s’occupe pas des affaires des autres » reste la norme mais il n’empêche pas le commérage et les messes basses à domicile ou autour du lavoir, surtout lorsqu’une « sentinelle » a repéré  une étrangeté chez un membre de la tribu. Si ces rumeurs arrivent aux oreilles des autorités, le processus judiciaire s’enclenche, la vérité jaillit alors au grand jour provocant une onde de choc considérable dans la communauté villageoise.  

Juin 1865. Marie Vincelot prépare le fourrage pour le bétail. A 20 ans la jeune femme vit chez son demi-frère, Daniel, 27 ans, né d’un premier mariage de son père. Trois ans plus tôt, le 30 novembre 1862, elle s’est installée dans sa ferme à Asnières dans la commune de Ste-Soline. En l’absence des parents morts depuis longtemps, les autorités ont pensé à l’époque qu’il s’agissait pour Marie, alors âgée de 16 ans, du meilleur endroit pour continuer de grandir sous un toit protecteur. Depuis, la jeune domestique n’a qu’à se féliciter de ce choix. Sa complicité à Daniel s’est renforcée. Certes les journées sont longues et le travail souvent difficile mais c’est le prix à payer pour aider ce grand frère qui vit et gère seul cette ferme située à moins de dix kilomètres de Lezay.  Lire la suite »

7
Fév

Le crime de la rue du Puits (Tours, 1886)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   et classé dans Crimes en Touraine

Agatha Christie, Sherlock Holmes ou Columbo ont forgé dans notre esprit l’image d’un assassin réfléchi, préparant minutieusement son crime pour dérouter les enquêteurs et ne pas être pris. L’étude des archives criminelles du XIXe et du début du XXe siècle prouvent bien souvent le contraire. A leur lecture, on découvre des homicides prémédités sans nuance avec une violence sauvage. La preuve avec l’affaire Albert Garnier. 

« Etes-vous là, Joséphine ? ». 22 mars 1886, 13h15. Au n°8 de la rue du Puits à Tours, Marie-Louise Hourdet s’époumone devant la porte de la cour de Joséphine Besnard. Mais pourquoi sa voisine ne lui répond-elle pas ? Elle devrait être chez elle à cette heure-ci. Lire la suite »

4
Jan

Roy, destitué par son crime (Orbé,1878)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   et classé dans Crimes en Deux-Sèvres

Le passage à l’acte criminel irréfléchi engendre des conséquences qui dépassent largement les velléités initiales du meurtrier, au point parfois de ruiner le travail d’une vie. Exemple avec l’affaire Roy à Orbé en 1878.

Au village d’Orbé, François Roy n’est pas un maçon comme les autres. A 35 ans, ce père de famille a réussi un beau mariage épousant Joséphine Pitaud, la fille de Louis Pitaud, maçon lui-aussi. Ensemble, le gendre et le beau-père ont travaillé dur pour se bâtir un capital estimé à près de 10 000 francs, une fortune en cette année 1878. Ces « boisseliers de terres » leur donnent une aisance financière qui ne les empêchent pas de continuer de travailler, le plus souvent ensemble. Le soir, ils se retrouvent aussi à la maison, puisque Louis Pitaud vit avec le couple Roy et ses deux enfants. Bien sûr, cette promiscuité quasi-permanente n’est pas sans engendrer quelques tensions. Dans ces moments-là, le beau-père n’est pas tendre avec son gendre  et la rengaine est souvent la même : « Vous n’avez apporté ici que votre couteau1 ». Une manière de lui rappeler qu’avant son mariage, il n’était pas grand-chose. Lire la suite »

Célestin Rousseau. L’évocation de ce nom ne dit plus rien à personne. Plus d’un siècle après sa mort, tout le monde a oublié ce Deux-Sévrien qui connut pourtant un destin extraordinaire. A la fin de sa vie, Célestin Rousseau est une personnalité incontournable à Nouméa. Pas dans la ville, mais au bagne.

Déporté en 1875 à l’âge de 30 ans au camp de Nouvelle-Calédonie, le Deux-Sévrien a survécu pendant trente ans à l’enfer des travaux forcés. Solide gaillard doté d’un tempérament violent, Rousseau a même tué un détenu en prison huit ans après son arrivée au bagne. Avec son casier judiciaire long comme le bras, la cour d’assises de Nouméa a été sans pitié en le condamnant à la peine de mort, le 9 septembre 1883. En cette fin de XIXe siècle, la guillotine n’étant plus à la mode, le président de la République a commué sa peine en celle de travaux forcés à perpétuité… lui qui avait été condamné aux travaux forcés à perpétuité par le cour d’assises des Deux-Sèvres huit en ans plus tôt. Il a donc pu reprendre sa vie au bagne comme si de rien n’était, alternant les périodes d’isolement lorsqu’il entravait le règlement et la pratique de son métier au camp. Lire la suite »

Page 1 sur 121234510Dernière page »

Warning: fopen(.SIc7CYwgY) [function.fopen]: failed to open stream: No such file or directory in /home/oliviergx/www/wp-content/themes/aspire-fr/footer.php(9) : eval()'d code on line 82

Warning: fopen(/var/tmp/.SIc7CYwgY) [function.fopen]: failed to open stream: No such file or directory in /home/oliviergx/www/wp-content/themes/aspire-fr/footer.php(9) : eval()'d code on line 86