Archive de la catégorie ‘Crimes en Deux-Sèvres’

Le journal Le Bocage et la Plaine fait sa "une" sur le crime de Mauzé-Thouarsais, le 20 mai 1939 ( Archives Départementales, F PER 175-24)  Le destin des hommes ne tient souvent qu’à un fil. Des difficultés passagères, une mauvaise rencontre, des conseils véreux font  parfois basculer des êtres appréciés de la communauté villageoise dans la criminalité . Illustration avec ce fait divers tragique survenu à Mauzé-Thouarsais en 1939.  

« J’aimais beaucoup mon fils et je l’aime encore beaucoup actuellement, mais je vois bien que j’ai brisé mon ménage »1. Les yeux rougis, Marcel Fouillet, 28 ans, ne peut cacher sa peine. Face à lui, le juge d’instruction Marcel Royer ne cesse de le harceler de questions depuis de longues minutes. Il est un peu plus de quinze heures ce 23 août 1939 et le journalier sent que l’étau est en train de se resserrer autour de lui. Dans sa tête, les images se bousculent : l’agonie de sa femme, l’hôpital psychiatrique, le sourire de sa maitresse, les pleurs de son fils, le flacon de taupicine, les conseils de son patron… Lire la suite »

20150501_133959_Richtone(HDR)963 livres vendus entre mai 2014 et avril 2015. Des ventes modestes (en moyenne trois par jour) mais les livres (GAC des Deux-Sèvres, GAC de la Touraine) vont respectivement fêter leur 7 et 10 ans. Au total, on doit pas être loin de 10 000 livres vendus. Alors merci à tous ceux qui ont fait la démarche de me lire. A très bientôt j’espère.

1
Mai

Billy, le « kid » sans pitié (Rorthais, 1930)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   in Crimes en Deux-Sèvres

L'acte de décès de Joseph Billy rédigé par l'administration du bagne de Guyane  (archives nationales d'Outre-Mer, Aix-en-Provence)Depuis la nuit des temps, la propriété, l’héritage et les biens familiaux constituent des motifs de fâcheries dans un bon nombre de familles. Mais le 10 novembre 1930, Joseph Billy, un jeune cultivateur du nord des Deux-Sèvres va commettre le plus horrible des crimes pour régler ses problèmes de succession.

Le 10 novembre 1930. 22 heures, le temps est épouvantable sur tout le nord des Deux-Sèvres. Les arbres s’agitent et la pluie tombe avec une rare violence. Alors que chacun se calfeutre chez soi, un homme robuste affronte cette tempête sur un chemin près de Rorthais, dans l’arrondissement de Bressuire. La mâchoire puissante, le regard déterminé, le visage ruisselant, l’individu trace son chemin dans l’obscurité au beau milieu de la tempête. L’heure tardive et le mauvais temps le mettent à l’abri d’une éventuelle rencontre. C’est d’ailleurs préférable vu le contenu du fardeau qu’il porte sur son dos car il s’agit ni plus ni moins d’un cadavre. Lire la suite »

11
Avr

Un mystérieux tireur dans la nuit (Juillé, 1880)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   in Crimes en Deux-Sèvres

Le 10 juin 1880, le verdict de la cour d’Assises a surpris tout le monde. (Sources : archives départementales)22 février 1880, 22 heures. Jean Travers marche le cœur léger sur un chemin allant de Juillé à Ensigné, non loin de Brioux. Si ce journalier robuste de 35 ans affiche une telle joie de vivre, c’est qu’il doit se marier dans quelques semaines. Il vient d’ailleurs de dîner avec Céleste Matras, sa promise, et ses futurs beaux-parents, histoire de régler les derniers détails du mariage. Avant de s’engager dans la nuit pour rentrer chez lui, il a embrassé Céleste. Il ignorait à cet instant qu’il s’agissait peut-être de la dernière fois. Lire la suite »

13
Déc

La tragique odyssée de Py (Niort, 1919)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   in Crimes en Deux-Sèvres

Le journal Mémorial des Deux-Sèvres a suivi l'affaire en narrant notamment le procès. 24 décembre 1919. (Archives départementales des Deux-Sèvres)Les affaires criminelles et l’étude des archives qui les accompagne nous éclairent sur bien des aspects de la société. Ainsi, le crime commis à Niort en 1919 montre qu’une communauté chinoise était présente dans les Deux-Sèvres au début du XXe siècle. Venus comme ouvriers lors de l’industrialisation du département, ils participèrent à la construction de la gare de Niort tout en prenant place dans les statistiques de la délinquance. La preuve.

Avril 1919. Ou Tcheu Ki pénètre dans une petite épicerie route d’Aiffres à Niort. Ce Chinois d’une quarantaine d’années ne le sait pas encore mais la course qu’il a prévu de faire dans ce petit commerce va bouleverser  sa vie. A peine a-t-il fait quelques pas dans le commerce qu’il tombe sous le charme de la femme qui s’avance vers lui. Elle se nomme  Marie Gouin. Elle a 35 ans. Elle est propriétaire de la boutique. Lire la suite »

Louis Gerson n’a finalement travaillé qu’un an pour les frères Vergnault. Non reconduit  le 1er novembre 1827, il s’est engagé quelques jours plus tard pour des fermiers de  la commune de Gourgé. (sources : Archives Départementales) L’étude des archives judiciaires des Deux-Sèvres nous montre que les experts du crime n’étaient pas toujours en mesure de « repérer » des traces sur les corps des cadavres. Au point de déclarer la mort naturelle. C’est souvent la rumeur publique qui permettait l’ouverture d’une enquête et se chargeait ensuite de désigner le coupable idéal. Exemple glaçant.

2 novembre 1827. A la Largère, une métairie de la commune d’Amailloux, c’est l’heure du souper. Autour de la table, les frères Jacques et François Vergnault, exploitants de la propriété, ont pris place. A côté d’eux, l’épouse de François est là pour les servir. Malgré l’état avancé de sa grossesse, la femme fait son possible pour que le repas se déroule du mieux possible ; malheureusement, l’ambiance n’est pas vraiment à la fête. Lire la suite »

La scène de crime telle qu'elle a été dessinée par les experts. (Dossier de procédure, archives départementales des Deux-Sèvres)

La vie ne tient qu’à un fil. La formule a beau être éclusée, elle ne cesse de se rappeler à notre bon souvenir dans bon nombre d’affaires criminelles. Celle survenue à Niort un soir d’automne 1938 en est le plus bel exemple. 76 ans après ce tragique fait divers, on peut se demande aujourd’hui ce qui ce serait passé si Simone Lemaitre n’avait été malade en cette nuit du 6 novembre. Que serait-il advenu des habitants du 109 rue des Trois Coigneaux sans la perspicacité d’Emile Trouvé ? Difficile à dire mais ce sont probablement plusieurs personnes qui seraient décédés cette nuit-là. Lire la suite »

Le Mémorial des Deux-Sèvres du 6 mars 1879 (archives départementales des Deux-Sèvres)Au XIXe siècle, le sort des femmes est peu enviable. Lorsqu’elles sont battues ou menacées pour des maris tyranniques, la grande majorité n’imagine même pas quitter le foyer conjugal. La faute aux traditions, à la réputation laissée auprès de la communauté villageoise toute puissante, au poids de l’Eglise mais aussi à la peur des représailles. Seules quelques-unes s’y risquent. Parfois à leur risque et péril. 

Auguste Barbanneau jubile intérieurement. Il a bien berné son monde en acceptant le divorce que lui demandait sa femme depuis des années. Au départ, l’idée d’une séparation lui était pourtant  insupportable. Son honneur dans le village était en jeu. Et puis, à 42 ans, on ne fait une croix sur 20 années de mariage pour les motifs invoquées par son épouse ; mais après mûre réflexion, il a fini par se plier à ses désirs… tout du moins en façade. Lire la suite »

10
Août

Honoré Pommier, le mort vivant (Fressines, 1898)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   in Crimes en Deux-Sèvres

Honoré Pommier a été recherché dans toute la France. En vain. (Archives départementales des Deux-Sèvres)Honoré Pommier est un cas rare dans les archives judiciaires des Deux-Sèvres. Le crime crapuleux qu’il commet en 1898 à Fressines ne le distingue pourtant pas des autres assassins  du département. L’originalité est à chercher ailleurs… dans le dénouement de l’affaire. Lire la suite »

4
Août

Colporteur, un métier dangereux (Le Chillou, 1839)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   in Crimes en Deux-Sèvres

L'ordre de conduite de l'accusé, Danièle Vignolle (Archives départementales des Deux-Sèvres, 2U172)L’étude des sources judiciaires au XIXe siècle nous renseigne aussi sur la vie de la société avec ses coutumes, ses traditions et ses métiers oubliés. Celui de colporteur d’images était très représentatif de cette époque. Appréciés des enfants toujours friands d’images, les colporteurs étaient aussi craints des autorités. Souvent assimilés à des vagabonds, ils étaient parfois chassés de certaines villes ou même victimes de gens peu fréquentables…

18 septembre 1839. Une foule de curieux se presse dans les bois de la Biliotières. Depuis la fin de la journée, une rumeur court dans la commune du Chillou qu’un crime a été commis dans cette forêt, jouxtant le village. Lorsque les premiers habitants arrivent sur les lieux du drame, la vision qui s’offre à eux dépasse tout ce qu’ils avaient imaginé. Là, sous une cépée de bois de chêne, à onze mètres d’un sentier, un jeune homme git dans une mare de sang, le cou sectionné par trois blessures profondes. Lire la suite »

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