Archive de la catégorie ‘Crimes en Deux-Sèvres’

Le Mémorial des Deux-Sèvres du 6 mars 1879 (archives départementales des Deux-Sèvres)Au XIXe siècle, le sort des femmes est peu enviable. Lorsqu’elles sont battues ou menacées pour des maris tyranniques, la grande majorité n’imagine même pas quitter le foyer conjugal. La faute aux traditions, à la réputation laissée auprès de la communauté villageoise toute puissante, au poids de l’Eglise mais aussi à la peur des représailles. Seules quelques-unes s’y risquent. Parfois à leur risque et péril. 

Auguste Barbanneau jubile intérieurement. Il a bien berné son monde en acceptant le divorce que lui demandait sa femme depuis des années. Au départ, l’idée d’une séparation lui était pourtant  insupportable. Son honneur dans le village était en jeu. Et puis, à 42 ans, on ne fait une croix sur 20 années de mariage pour les motifs invoquées par son épouse ; mais après mûre réflexion, il a fini par se plier à ses désirs… tout du moins en façade. Lire la suite »

10
Août

Honoré Pommier, le mort vivant (Fressines, 1898)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   in Crimes en Deux-Sèvres

Honoré Pommier a été recherché dans toute la France. En vain. (Archives départementales des Deux-Sèvres)Honoré Pommier est un cas rare dans les archives judiciaires des Deux-Sèvres. Le crime crapuleux qu’il commet en 1898 à Fressines ne le distingue pourtant pas des autres assassins  du département. L’originalité est à chercher ailleurs… dans le dénouement de l’affaire. Lire la suite »

4
Août

Colporteur, un métier dangereux (Le Chillou, 1839)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   in Crimes en Deux-Sèvres

L'ordre de conduite de l'accusé, Danièle Vignolle (Archives départementales des Deux-Sèvres, 2U172)L’étude des sources judiciaires au XIXe siècle nous renseigne aussi sur la vie de la société avec ses coutumes, ses traditions et ses métiers oubliés. Celui de colporteur d’images était très représentatif de cette époque. Appréciés des enfants toujours friands d’images, les colporteurs étaient aussi craints des autorités. Souvent assimilés à des vagabonds, ils étaient parfois chassés de certaines villes ou même victimes de gens peu fréquentables…

18 septembre 1839. Une foule de curieux se presse dans les bois de la Biliotières. Depuis la fin de la journée, une rumeur court dans la commune du Chillou qu’un crime a été commis dans cette forêt, jouxtant le village. Lorsque les premiers habitants arrivent sur les lieux du drame, la vision qui s’offre à eux dépasse tout ce qu’ils avaient imaginé. Là, sous une cépée de bois de chêne, à onze mètres d’un sentier, un jeune homme git dans une mare de sang, le cou sectionné par trois blessures profondes. Lire la suite »

« Oui » reconnait l’accusée. L’infanticide ! Un grand classique des procès d’assises du début du XXe siècle. A l’origine de ce « fléau », des jeunes femmes « coupables » d’avoir succombées au pêcher de la chaire alors qu’elles n’étaient pas mariées. Une honte dans une époque marquée par le poids de la religion. Garder l’enfant ou le supprimer? Un choix cornélien dont beaucoup de femmes ne se remettront pas jamais.

Dimanche 24 mai 1908. Célina Geay s’enfuit à toutes jambes du domicile de Mélanie Julliard à Mauzé-Thouarsais. A peine sortie de la maison de sa patronne, la couturière, venue effectuer quelques heures de ménage, est de nouveau prise de violentes douleurs au ventre. Elle cesse sa course et se dissimule dans un fossé. Là, à l’abri des regards Célina, 22 ans, met au monde son premier enfant. Lire la suite »

 A l’heure où nos villages célèbrent les temps anciens à travers diverses fêtes estivales, l’idée de faire rimer communauté villageoise ancienne et monde idyllique parait séduisante. Pourtant, la société rurale du XIXe et du début du XXe n’a rien d’un paradis. La campagne deux-sévrienne est un monde âpre, violent, cruel. Les contentieux sont nombreux et la comparaison avec le Far West américain est loin d’être usurpée. La preuve…

10 septembre 1904.  « Viens-tu Jules, moi je m’en vais » hurle un homme à son camarade en détalant à toute vitesse. A cet instant, Jules se redresse, fait demi-tour et s’enfuit à son tour à toutes jambes. En quelques secondes, les deux amis se rejoignent, franchissent une barrière et coupent à travers la campagne de Saint-Marc-la-Lande gagnée par la nuit. Ils laissent derrière eux un homme mourant sur le bord de la route. Lire la suite »

21
Déc

Louise attaque… à l’arsenic (Fontperron, 1829)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   in Crimes en Deux-Sèvres

Femme et crime riment souvent avec arsenic. Une équation parfois gagnante au XIXe siècle, à l’heure où la police scientifique n’existe pas encore.  La preuve .

23 juin 1829. En ce début d’après-midi, une femme, la démarche chancelante, sort de chez elle à vive allure dans les rues de Fontperron, petite commune située entre Saint-Maixent et Vasles. Le visage marqué, le teint pâle, les yeux remplis de terreur, la quadragénaire frappe à la porte de son voisin. « Monsieur le Maire ! » hurle-t-elle au comble de l’inquiétude. Le magistrat se présente quelques secondes plus tard et reconnait aussitôt Louise Defiole, sa voisine. « Je viens d’être empoisonnée par ma belle-fille »2 Lire la suite »

Sortons de notre esprit le postulat selon lequel tous les criminels planifient leur forfait dans les moindres détails. La plupart d’entre-eux ne sait même pas qu’ils vont commettre  l’irréparable quelques minutes avant le drame. Comme ce jour du 20 janvier 1932 à Mauzé-Thouarsais.

20 janvier 1932. Mme Pellaumail se rapproche au plus près de la porte vitrée et, tout en plissant les yeux, tente de distinguer une forme à travers le carreau. Après quelques secondes d’observation, la femme se retourne vers son voisin, Joseph Goumy. Son visage est livide. « Elle est tombée et il y a beaucoup de sang » lâche-t-elle en s’effaçant. L’homme prend aussitôt sa place. La vision qui s’offre à lui est tout aussi inquiétante. Après quelques secondes de tergiversation, les deux voisins décident d’aller prévenir les secours. Lire la suite »

25
Oct

Aimer à perdre la raison (Javarzay,1934)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   in Crimes en Deux-Sèvres

« L’âme de l’amour n’a aucune idée de jugement : des ailes, et point d’yeux, voilà l’emblème d’une précipitation inconsidérée ; et c’est parce qu’il est si souvent trompé dans son choix, qu’on dit que l’Amour est un enfant. » C’est en ces termes que Shakespeare parlait de l’amour, un sentiment capable de faire perdre la tête et d’engendrer les plus grands drames. Surtout quand les préjugés et la bêtise s’en mêlent.

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30
Août

Le crime du faubourg Westermann (Parthenay, 1937)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   in Crimes en Deux-Sèvres

S’attaquer aux commerçants pour les dépouiller de leur bien ne date pas d’hier. Si l’idée peut sembler séduisante dans l’esprit des assassins, elle donne souvent des résultats médiocres, surtout quand le crime est mal préparé. Exemple avec cette histoire survenue dans les années 30 à Parthenay. 

Lundi 28 avril 1937. Alexandrine Gauthier et Juliette Saivre discutent dans l’arrière boutique de cette dernière. A Parthenay, au 15 faubourg Westermann, Juliette Gaillard possède une petite épicerie depuis vingt-six ans. Tôt le matin et jusqu’à tard le soir, la commerçante de 66 ans dépanne ses clients en leur vendant des fournitures de la vie courante : condiments, allumettes, alcool. Pour lui tenir compagnie,  sa voisine, Alexandrine Gauthier, 73 ans, a pris l’habitude depuis plusieurs années de venir passer les soirées avec elle en attendant que Juliette ferme la boutique. En ce soir de novembre, il est presque 20 h lorsque la sonnette du magasin retentit. Un client vient de pénétrer dans l’épicerie. Juliette se lève de son siège pour aller voir. Elle ignore à cet instant que sa vie va basculer. Lire la suite »

30
Juil

Le forcené de la Briette (Celles-sur-Belle, 1919)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   in Crimes en Deux-Sèvres

Se pencher sur l’histoire de l’assassin pour essayer de comprendre son geste. Tel est l’enjeu des procès en assises. Un flash-back qui permet de prendre conscience des ruptures qui ont conduit au drame. Exemple avec le destin d’Alfred Caillon.

« Aujourd’hui se juge le procès d’Alfred Caillon de Fressines qui, après avoir tiré sur sa femme, aurait fait de véritables hécatombes de victime si, par bonheur son arme défectueuse ne l’avait empêché de réaliser ses criminels desseins. » C’est par ces mots que le journaliste du Mémorial des Deux-Sèvres introduit, dans son édition du 3 octobre 1919, le procès de l’un des crimes les plus marquants du début du XXe siècle en Deux-Sèvres. Un crime que beaucoup savait inévitable. Lire la suite »

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