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Juil

Louise attaquée (Braslou, 1891)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   in Crimes en Touraine

Dans tous les départements et quelles que soient les époques, l’étude de la criminalité montre que les personnes âgées sont les victimes toutes désignées lorsque les assassins cherchent un butin. La preuve avec cette affaire à Braslou en 1891.

26 janvier 1891. Les gendarmes de Richelieu se présentent devant le domicile de Louise Bonneau, une veuve de 77 ans. Propriétaire à La Rimonière dans la commune de Braslou, la vieille femme qui vit seule depuis de nombreuses années,  ne donne plus signe de vie. Des villageois ont donc prévenu les autorités que quelque chose d’anormal s’était déroulé dans cette maison isolée du village des Bois. A 16 heures, les gendarmes constatent que la fenêtre de la cuisine est ouverte et qu’un des carreaux a été fracturé. En escaladant la fenêtre, les hommes de loi parviennent à pénétrer dans la maison. Là, le spectacle qu’ils découvrent laisse craindre le pire. Des affaires sont étendues sur le sol devant une armoire qui semble avoir été fracturée et fouillée. Les gendarmes prennent alors la direction de la chambre. En pénétrant dans la pièce, la vision qui s’offre a eux est épouvantable. Le cadavre de Louise Bonneau est  étendu sur le dos près du lit dont les draps sont ensanglantés. La scène est cauchemardesque. La tête, ouverte de l’occiput jusqu’au nez, laisse entrevoir les os du crâne.

L’assassin connaissait les lieux

L’autopsie pratiquée les heures suivantes montre que la vieille femme a été tuée de cinq ou six coups violents portés sur la tête par un instrument contondant. Des traces de coups de sabots sont aussi visibles sur ses jambes  Pour la justice, le mobile ne fait aucun doute. La seconde armoire fracturée dans la chambre montre que l’assassin cherchait de l’argent ; mais ce qui trouble le juge d’instruction c’est que les meubles contenant de la vaisselle n’ont pas été forcés. Le visiteur devait d’autant bien connaître les lieux et la victime qu’il a aussi arraché sur le cadavre une ceinture contenant de l’argent.

Une blouse recouverte de sang

Après plusieurs jours de tergiversation, les enquêteurs arrêtent deux hommes, à la réputation douteuse : les frères Garot. Louis, 26 ans, a été le métayer de la veuve Bonneau entre 1888 et 1889. A cette époque Louise Bonneau l’a congédié car elle le soupçonnait de lui voler de l’argent et du vin. Elle a toujours craint une vengeance de sa part. Aussitôt, les gendarmes perquisitionnent sa maison au Bois et découvre une blouse légèrement tachée de sang. Son frère, Louis-Alphonse, 27 ans, condamné trois dois pour vol, est aussi interrogé. Endetté jusqu’au cou, l’aîné, est allé, la veille du crime, supplier le notaire de Richelieu de lui laisser un laps de temps pour trouver de l’argent. L’homme a été vu quelques heures avant le crime marchant dans la nuit en direction de la Rimonière. Ce qui est particulièrement étrange c’est que Louis-Alphonse ne sortait que très rarement de chez lui et qu’il rentait toujours le soir. Or, il est établi qu’il n’est pas rentré à son domicile la nuit du crime. Pire, le lendemain, il parle de l’assassinat à plusieurs témoins alors que personne n’est averti du drame. A son domicile, les enquêteurs découvrent une blouse recouverte de sang et 326 francs. Il explique que cet argent lui a été donné par sa mère mais celle-ci dément.

Un sur deux

Le procès des frères Garot s’ouvre le lundi 5 octobre 1891. Face aux jurés, les deux accusés se déclarent innocents. Pendant deux jours, les débats montrent en fait que les charges les plus lourdes pèsent sur Louis Alphonse. A l’inverse, les légères taches de sang prélevées sur les vêtements de Louis semblent trop légères pour peser dans les débats. D’ailleurs l’homme ne cesse de crier son innocence avec force.  Le mardi 6 octobre, à 18 heures, le jury déclare Louis non coupable. Son frère, reconnu coupable d’assassinat, est condamné au bagne à perpétuité. C’est au bagne de Guyane qu’il a fini sa vie.

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Cet article a été publié le dimanche 14 juillet 2013 à 10:38 et est classé dans Crimes en Touraine. Vous pouvez suivre les commentaires sur cet article en vous abonnant au flux RSS 2.0 des commentaires. Vous pouvez faire un commentaire, ou un trackback depuis votre propre site.
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