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Réglement de comptes à l’école (Beaussais,1880)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   in Crimes en Deux-Sèvres

 Il ne se passe un mois sans que le problème de la violence scolaire ne revienne sur le devant de la scène médiatique à la faveur d’une affaire de vol ou de coups et blessures. Véritable fléau de notre société au regard de nos contemporains, la « guerre à l’école » est pourtant loin d’être un phénomène nouveau.24 janvier1880. A l’école communale de Beaussais près de Melle, l’ambiance est tendue. Du haut de ses 17 ans, Pierre Badin, semble passablement énervé. La cause de son humeur ? La tenue vestimentaire d’un de ses camarades nommé Larchier. Le motif est pour le moins futile mais l’exaspération du jeune homme bien réelle.  Au comble de l’énervement, Badin profite de l’agitation de la récréation pour frapper Larchier et son camarade, Louis Melin. L’incident semble clos au moment où les trois jeunes retournent en classe. L’instituteur, M. Thibault, ne remarque rien de particulier pendant son cours. Pourtant, Pierre Badin poursuit ses provocations à l’égard de Larchier le menaçant à voix basse.

Malgré les gendarmes

A 16 h 30, Larchier et Melin quittent l’établissement scolaire et prennent la route de leur domicile. Arrivés sur le chemin de Pillac, situé à moins de 300 mètres de l’école, les deux amis se retrouvent face à Pierre Badin. Le garçon est là pour en découdre. Il se saisit aussitôt de Larchier par le col avant de le frapper. Une lutte farouche s’engage. Badin, laisse éclater une colère contenue depuis le matin. Au comble de la rixe, des cris d’adulte interrompent les débats. Les gendarmes viennent d’arriver sur les lieux au hasard de leur tournée. S’en suit un sermon, doublé d’une promesse des jeunes de ne pas recommencer. Les hommes de loi s’éloignent, Badin peut repasser à l’action. Il se jette de nouveau sur Larchier avant d’être projeté au sol par un coup venant de nul part. Louis Melin, l’ami de Larchier, vient de rentrer dans le « jeu » en portant secours à son camarade. Badin est à terre. A quelques pas de lui, Melin le défie du regard. L’agresseur est à présent agressé. Badin panique. Il regarde autour de lui. Là, à quelques centimètres, une grosse pierre s’offre à lui. L’occasion est inespérée. D’un geste rapide, il s’en saisit  avant de la projeter avec force sur la tête de Melin qui s’écroule aussitôt.

Une mort instantanée

Les secours, arrivés quelques instants plus tard, ne peuvent que constater le décès du jeune homme. Le 2 mars, soit un peu plus d’un mois après les faits, Pierre Badin est traduit devant la cour d’Assises des Deux-Sèvres et doit répondre devant les jurés de coups et blessures volontaires ayant occasionné la mort sans intention de la donner. Au procès, le médecin légiste explique que la pierre de 500 grammes a fracturé l’os temporal provoquant une mort instantanée. Malgré une conduite jugée médiocre, Pierre Badin est déclaré non coupable par le tribunal. Le soir même, il est donc ressorti libre du tribunal.

 

 

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Cet article a été publié le samedi 16 février 2013 à 8:04 et est classé dans Crimes en Deux-Sèvres. Vous pouvez suivre les commentaires sur cet article en vous abonnant au flux RSS 2.0 des commentaires. Vous pouvez faire un commentaire, ou un trackback depuis votre propre site.
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